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de deux nouveaux Préteurs. Allarme au bruit de la guerre des Gaulois. Cause & occasion de cette guerre. Irruption des Gaulois dans l'Italie. Préparatifs des Romains. Prémier combat près de Clusium, où les Romains sont vaincus. Bataille & célébre victoire des Romains près de Télamon. Réflexion sur cette victoire. Dénombrement. Les Boyens se rendent à discrétion. Bataille de l'Adda entre les Gaulois & les Romains. Mécontentemens des Romains contre Flaminius. Caractére de Marcel- lus. Nouvelle guerre contre les Gaulois. Dépouilles Opimes remportées par Marcel- lus. Triomphe de Marcellus. Les Romains soumettent l'Istrie. Annibal chargé du com- mandement en Espagne. Démétrius de Pha- ros attire sur lui les armes des Romains. Dénombrement. Diverses opérations des Censeurs. Guerre d'Illyrie. Emilius rem- porte une victoire sur Démétrius. L'Illyrie se soumet aux Romains. Archagathus Médecin. Nouvelles Colonies.

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de deux nouveaux Préteurs. Allarme au bruit de la guerre des Gaulois. Cause & occasion de cette guerre. Irruption des Gaulois dans l'Italie. Préparatifs des Romains. Prémier combat près de Clusium, où les Romains sont vaincus. Bataille & célébre victoire des Romains près de Télamon. Réflexion sur cette victoire. Dénombrement. Les Boyens se rendent à discrétion. Bataille de l'Adda entre les Gaulois & les Romains. Mécontentemens des Romains contre Flaminius. Caractére de Marcel- lus. Nouvelle guerre contre les Gaulois. Dépouilles Opimes remportées par Marcel- lus. Triomphe de Marcellus. Les Romains soumettent l'Istrie. Annibal chargé du com- mandement en Espagne. Démétrius de Pha- ros attire sur lui les armes des Romains. Dénombrement. Diverses opérations des Censeurs. Guerre d'Illyrie. Emilius rem- porte une victoire sur Démétrius. L'Illyrie se soumet aux Romains. Archagathus Médecin. Nouvelles Colonies.

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de deux nouveaux Préteurs. Allarme au bruit de la guerre des Gaulois. Cause & occasion de cette guerre. Irruption des Gaulois dans l'Italie. Préparatifs des Romains. Prémier combat près de Clusium, où les Romains sont vaincus. Bataille & célébre victoire des Romains près de Télamon. Réflexion sur cette victoire. Dénombrement. Les Boyens se rendent à discrétion. Bataille de l'Adda entre les Gaulois & les Romains. Mécontentemens des Romains contre Flaminius. Caractére de Marcel- lus. Nouvelle guerre contre les Gaulois. Dépouilles Opimes remportées par Marcel- lus. Triomphe de Marcellus. Les Romains soumettent l'Istrie. Annibal chargé du com- mandement en Espagne. Démétrius de Pha- ros attire sur lui les armes des Romains. Dénombrement. Diverses opérations des Censeurs. Guerre d'Illyrie. Emilius rem- porte une victoire sur Démétrius. L'Illyrie se soumet aux Romains. Archagathus Médecin. Nouvelles Colonies.

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Le prémier de ces Consuls est le céléCaractére de Marcellus.Plut. inMarcel.pag. 298.bre Marcellus, dont il sera beaucoup par lé dans la guerre contre Annibal, & qui sera cinq fois Consul. Il fut, selon*Plu-

* Plutarque est, en ce point, réfuté par Tite-Live, qui, L. VII, n. 18. nomme un M. Claudius Marcellus Consul.

M. C. Marc. Cn. Corn. Cons.An. R.530.Av. J. C.222.tarque, le prémier de sa maison qu'on ap pella Marcellus, c'est-à-dire Martial. Il paroissoit né pour la guerre, robuste de corps, brave de sa personne, homme de tête & de main, fier & hautain dans les combats, mais dans le reste de la vie doux, modeste, posé. Il avoit beaucoup de goût pour les LettresGrecques, (les Latines balbutioient encore:) mais ce goût n'alla que jusqu'au point d'estimer & d'admirer ceux qui s'y distinguoient. Pour lui, occupé par les guerres, il ne put s'exercer à l'éloquence autant qu'il l'auroit souhaité. Encore tout jeune, il mérita les couronnes & les autres prix dont les Généraux récompensoient la valeur; & sa réputation croissant de jour à autre, le Peuple le nomma Edile Curule, & les Prêtres le créérent Augure. Il remplit toujours avec succès les fonctions des charges qui lui furent confiées.


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Le prémier de ces Consuls est le céléCaractére de Marcellus.Plut. inMarcel.pag. 298.bre Marcellus, dont il sera beaucoup par lé dans la guerre contre Annibal, & qui sera cinq fois Consul. Il fut, selon*Plu-

* Plutarque est, en ce point, réfuté par Tite-Live, qui, L. VII, n. 18. nomme un M. Claudius Marcellus Consul.

M. C. Marc. Cn. Corn. Cons.An. R.530.Av. J. C.222.tarque, le prémier de sa maison qu'on ap pella Marcellus, c'est-à-dire Martial. Il paroissoit né pour la guerre, robuste de corps, brave de sa personne, homme de tête & de main, fier & hautain dans les combats, mais dans le reste de la vie doux, modeste, posé. Il avoit beaucoup de goût pour les LettresGrecques, (les Latines balbutioient encore:) mais ce goût n'alla que jusqu'au point d'estimer & d'admirer ceux qui s'y distinguoient. Pour lui, occupé par les guerres, il ne put s'exercer à l'éloquence autant qu'il l'auroit souhaité. Encore tout jeune, il mérita les couronnes & les autres prix dont les Généraux récompensoient la valeur; & sa réputation croissant de jour à autre, le Peuple le nomma Edile Curule, & les Prêtres le créérent Augure. Il remplit toujours avec succès les fonctions des charges qui lui furent confiées.


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Dans le tems qu'il fut nommé Consul, les Gaulois envoyérent des Ambassadeurs pour faire des propositions d'accommodement. Le Sénat inclinoit assez à la paix, mais Marcellus anima le Peuple contre les Gaulois, & le détermina à la guerre. Ceux-ci, contraints de prendre les armes, se disposent à faire un dernier effort. Ils lévent à leur solde chez les Gésates environ trente mille hommes, qu'ils tinrent toujours prêts en attendant que les ennemis vinssent. Au printems les Consuls entrent dans le pays des Insubriens, M. C. Marc. Cn. Corn. Cons. & s'étant campés proche d'Acerres, villeAn. R.530.Av. J. C.222. située entre le Pô & les Alpes, ils y mettent le siège. Comme ils s'étoient emparés les prémiers des postes avantageux, les Insubriens ne purent aller au secours. Cependant, pour en faire lever le siége, ils firent passer le Pô à une partie de leur Armée, & assiégérent Clastidium, petit bourg qui depuis peu venoit d'être soumis aux Romains. Sur cette nouvelle, Mar cellus, à la tête de la cavalerie & d'une partie de l'infanterie, court au secours des Assiégés. Les Gaulois, laissant là Clastidium, viennent au devant des ennemis, & se rangent en bataille. Ils le regardoient déja comme battu, voyant le peu d'infanterie qui le suivoit, & ne faisant pas grand compte de sa cavalerie. Car étant fort adroits aux combats à cheval, comme le sont en général les Gaulois, & croyant avoir de ce côté-là un grand avantage, ils se voyoient encore en cette occasion fort supérieurs en nombre à Marcellus.


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Dans le tems qu'il fut nommé Consul, les Gaulois envoyérent des Ambassadeurs pour faire des propositions d'accommodement. Le Sénat inclinoit assez à la paix, mais Marcellus anima le Peuple contre les Gaulois, & le détermina à la guerre. Ceux-ci, contraints de prendre les armes, se disposent à faire un dernier effort. Ils lévent à leur solde chez les Gésates environ trente mille hommes, qu'ils tinrent toujours prêts en attendant que les ennemis vinssent. Au printems les Consuls entrent dans le pays des Insubriens, M. C. Marc. Cn. Corn. Cons. & s'étant campés proche d'Acerres, villeAn. R.530.Av. J. C.222. située entre le Pô & les Alpes, ils y mettent le siège. Comme ils s'étoient emparés les prémiers des postes avantageux, les Insubriens ne purent aller au secours. Cependant, pour en faire lever le siége, ils firent passer le Pô à une partie de leur Armée, & assiégérent Clastidium, petit bourg qui depuis peu venoit d'être soumis aux Romains. Sur cette nouvelle, Mar cellus, à la tête de la cavalerie & d'une partie de l'infanterie, court au secours des Assiégés. Les Gaulois, laissant là Clastidium, viennent au devant des ennemis, & se rangent en bataille. Ils le regardoient déja comme battu, voyant le peu d'infanterie qui le suivoit, & ne faisant pas grand compte de sa cavalerie. Car étant fort adroits aux combats à cheval, comme le sont en général les Gaulois, & croyant avoir de ce côté-là un grand avantage, ils se voyoient encore en cette occasion fort supérieurs en nombre à Marcellus.


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Dans le tems qu'il fut nommé Consul, les Gaulois envoyérent des Ambassadeurs pour faire des propositions d'accommodement. Le Sénat inclinoit assez à la paix, mais Marcellus anima le Peuple contre les Gaulois, & le détermina à la guerre. Ceux-ci, contraints de prendre les armes, se disposent à faire un dernier effort. Ils lévent à leur solde chez les Gésates environ trente mille hommes, qu'ils tinrent toujours prêts en attendant que les ennemis vinssent. Au printems les Consuls entrent dans le pays des Insubriens, M. C. Marc. Cn. Corn. Cons. & s'étant campés proche d'Acerres, villeAn. R.530.Av. J. C.222. située entre le Pô & les Alpes, ils y mettent le siège. Comme ils s'étoient emparés les prémiers des postes avantageux, les Insubriens ne purent aller au secours. Cependant, pour en faire lever le siége, ils firent passer le Pô à une partie de leur Armée, & assiégérent Clastidium, petit bourg qui depuis peu venoit d'être soumis aux Romains. Sur cette nouvelle, Mar cellus, à la tête de la cavalerie & d'une partie de l'infanterie, court au secours des Assiégés. Les Gaulois, laissant là Clastidium, viennent au devant des ennemis, & se rangent en bataille. Ils le regardoient déja comme battu, voyant le peu d'infanterie qui le suivoit, & ne faisant pas grand compte de sa cavalerie. Car étant fort adroits aux combats à cheval, comme le sont en général les Gaulois, & croyant avoir de ce côté-là un grand avantage, ils se voyoient encore en cette occasion fort supérieurs en nombre à Marcellus.


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Ils marchent donc droit à lui avec une impétuosité pleine de fureur, & avec de grandes menaces, comme surs de le vaincre. Leur Roi Viridomare, superbement monté, devançoit ses bataillons & ses es cadrons. Marcellus, pour les empêcher de l'envelopper à cause de son peu de troupes, étendit le plus qu'il put ses ailes de cavalerie, & leur fit occuper un grand terrain, en les diminuant, les affoiblissant M. C. Marc. Cn. Corn. Cons.An. R.530.Av. J. C.222.Dépouilles Opimes remportées parMarcellus.peu à peu, jusqu'à ce qu'il présentât un front à peu près égal à celui de l'ennemi.


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Marcellus, frappé de cet éclat, parcourt des yeux toute la bataille ennemie, & voyant que les plus belles armes étoient celles de ce Roi, il ne doute point que ce ne soient-là celles qu'il a vouées à Jupiter. Poussant donc à lui de toute sa force, il perce avec sa pique la cuirasse de son ennemi. Le coup, augmenté par la vitesse & l'impétuosité du cheval, fut si roide, qu'il jetta le Roi à la renverse. Marcellus revient sur lui, lui appuye un second & un troisiéme coup qui achévent de le tuer; & sautant promtement à terre, il le dépouille de ses armes, & les prenant entre ses bras, il les éléve vers M. C. Marc. Cn. Corn. Cons. le Ciel, & les offre à Jupiter Férétrien,An. R.530.Av. J. C.222. en le priant d'accorder une pareille protection à toutes ses troupes. La défaite du Roi entraîna celle de son Armée. La cavalerie Romaine fond sur les Gaulois avec impétuosité. Ils font d abord quelque résistance. Mais cette cavalerie les aiant ensuite enveloppés, & attaqués en queue & en flanc, ils pliérent de toutes parts. Une partie fut culbutée dans la riviére: le plus grand nombre fut passé au fil de l'épée. Les Gaulois qui étoient dans Acerres abandonnérent la ville aux Romains, & se retirérent à Milan, qui étoit la capitale des Insubriens.


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Marcellus, frappé de cet éclat, parcourt des yeux toute la bataille ennemie, & voyant que les plus belles armes étoient celles de ce Roi, il ne doute point que ce ne soient-là celles qu'il a vouées à Jupiter. Poussant donc à lui de toute sa force, il perce avec sa pique la cuirasse de son ennemi. Le coup, augmenté par la vitesse & l'impétuosité du cheval, fut si roide, qu'il jetta le Roi à la renverse. Marcellus revient sur lui, lui appuye un second & un troisiéme coup qui achévent de le tuer; & sautant promtement à terre, il le dépouille de ses armes, & les prenant entre ses bras, il les éléve vers M. C. Marc. Cn. Corn. Cons. le Ciel, & les offre à Jupiter Férétrien,An. R.530.Av. J. C.222. en le priant d'accorder une pareille protection à toutes ses troupes. La défaite du Roi entraîna celle de son Armée. La cavalerie Romaine fond sur les Gaulois avec impétuosité. Ils font d abord quelque résistance. Mais cette cavalerie les aiant ensuite enveloppés, & attaqués en queue & en flanc, ils pliérent de toutes parts. Une partie fut culbutée dans la riviére: le plus grand nombre fut passé au fil de l'épée. Les Gaulois qui étoient dans Acerres abandonnérent la ville aux Romains, & se retirérent à Milan, qui étoit la capitale des Insubriens.


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Le Consul Cornélius les y suivit de près, & en forma le siége. Comme la garnison étoit fort nombreuse, & qu'elle faisoit de fréquentes sorties, les assiégeans eurent beaucoup à souffrir, & furent fort maltraités. Tout changea bientôt de face, lorsque Marcellus parut devant la place. Les Gésates, qui apprirent la défaite de leurs troupes & la mort de leur Roi, aiant voulu à toute force s'en retourner dans leur pays, Milan fut pris, & les Insubriens rendirent toutes leurs autres villes aux Romains, qui leur accordérent la paix à des conditions raisonnables, se contentant de leur ôter quelque partie de leurs terres, & d'exiger d'eux certaines sommes pour se dédommager des frais de la guerre.


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Le Sénat décerna à Marcellus seul l'honneur du triomphe; & son triomphe fut un des plus remarquables qu'on eût vu à Rome, tant par les grandes richesses & la quantité de belles dépouilles, que par le grand nombre & la taille prodigieuse des captifs, & par la magnificen ce de tout l'appareil. Mais le spectacle le plus agréable & le plus nouveau, ce fut Marcellus lui-même, portant à Jupiter l'armure du Roi barbare. Car aiant fait tailler le tronc d'un chêne, & l'aiant accommodé en forme de trophée, il le revétit de ces armes, en les arrangeant proprement & avec ordre.


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Le Sénat décerna à Marcellus seul l'honneur du triomphe; & son triomphe fut un des plus remarquables qu'on eût vu à Rome, tant par les grandes richesses & la quantité de belles dépouilles, que par le grand nombre & la taille prodigieuse des captifs, & par la magnificen ce de tout l'appareil. Mais le spectacle le plus agréable & le plus nouveau, ce fut Marcellus lui-même, portant à Jupiter l'armure du Roi barbare. Car aiant fait tailler le tronc d'un chêne, & l'aiant accommodé en forme de trophée, il le revétit de ces armes, en les arrangeant proprement & avec ordre.