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An. R.535.Av. J. C.217.de Minucius contre le Dic tateur.Liv. XXII.14.Plut. inFab. 177.

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Les murmures & les discours séditieuxDiscoursséditieux

(a) Nec tamen is terror, cum omnia bello flagrarent, fide socios dimovit: videlicet quia justo & moderato regebantur imperio, nec abnuebant, quod unicum vinculum fidei est, mclioribus parere. Liv.

Cn. Servil. C. Flamin. Cons.An. R.535.Av. J. C.217.de Minucius contre le Dic tateur.Liv. XXII.14.Plut. inFab. 177.du Général de la Cavalerie avoient cessé depuis quelques jours, parce que Fabius qui suivoit Annibal aiant fait marcher son Armée plus vite que de coutume, Minucius & ses partisans crurent qu'il se hâtoit de marcher au secours de la Campanie. Mais lorsqu'ils furent campés auprès du Vulturne, & que de-là ils virent le plus beau pays de l'Italie en proie à l'ennemi, sur-tout lorsqu'ils apperçurent de dessus le sommet du Mont Massique tout le pays de Falerne & de Sinuesse ravagé, & toutes les maisons de campagne brulées par les Carthaginois, sans que Fabius, obstiné à garder les hauteurs, parlât en aucune façon de combattre, alors la sédition recommença plus violente que jamais. Sommes-nous donc venus, disoit Minucius encore plus furieux qu'auparavant, chercher comme un agréable spectacle la vue des ravages affreux que souffrent nos Alliés? Si le motif de la gloire & de l'intérêt ne peut exciter notre courage, n'avons-nous pas au moins compassion de nos concitoyens envoyés par nos péres en colonie à Sinuesse? Quoi! nous demeurons insensibles en voyant au pouvoir des Numides & des Maures ces mêmes côtes, le long desquelles nos ancêtres auroient regardé comme un deshonneur pour eux que les Flottes Carthaginoises navigeassent impunément? Il n'y a que quelques mois qu'apprenant le siége & le danger de Sagonte, nous étions transportés d'indignation: & nous voyons aujourd'hui tranquillement AnCn. Servil. C. Flamin. Cons.nibal tout prêt à escalader une ville habiAn. R.535.Av. J. C.217.tée par une Colonie Romaine? Si ce grand Général, qui a mérité d'être appellé le second Fondateur de Rome, s'étoit conduit comme fait maintenant ce nouveau Camille, qu'on a jugé seul digne de la Dictature dans des conjonctures si fâcheuses, Rome seroit encore au pouvoir des Gaulois. Ne nous y trompons point. C'est folie de croire pouvoir remporter la victoire en se tenant les bras croisés, ou par des vœux adressés au Ciel. Il faut faire prendre les armes aux troupes, les mener dans la plaine, & se mesurer avec l'ennemi. C'est en agissant, en cherchant le péril, que l'Empire Romain s'est accru, & non par cette conduite timide, à laquelle les lâches donnent le nom de prudence & de circonspection.


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Les murmures & les discours séditieuxDiscoursséditieux

(a) Nec tamen is terror, cum omnia bello flagrarent, fide socios dimovit: videlicet quia justo & moderato regebantur imperio, nec abnuebant, quod unicum vinculum fidei est, mclioribus parere. Liv.

Cn. Servil. C. Flamin. Cons.An. R.535.Av. J. C.217.de Minucius contre le Dic tateur.Liv. XXII.14.Plut. inFab. 177.du Général de la Cavalerie avoient cessé depuis quelques jours, parce que Fabius qui suivoit Annibal aiant fait marcher son Armée plus vite que de coutume, Minucius & ses partisans crurent qu'il se hâtoit de marcher au secours de la Campanie. Mais lorsqu'ils furent campés auprès du Vulturne, & que de-là ils virent le plus beau pays de l'Italie en proie à l'ennemi, sur-tout lorsqu'ils apperçurent de dessus le sommet du Mont Massique tout le pays de Falerne & de Sinuesse ravagé, & toutes les maisons de campagne brulées par les Carthaginois, sans que Fabius, obstiné à garder les hauteurs, parlât en aucune façon de combattre, alors la sédition recommença plus violente que jamais. Sommes-nous donc venus, disoit Minucius encore plus furieux qu'auparavant, chercher comme un agréable spectacle la vue des ravages affreux que souffrent nos Alliés? Si le motif de la gloire & de l'intérêt ne peut exciter notre courage, n'avons-nous pas au moins compassion de nos concitoyens envoyés par nos péres en colonie à Sinuesse? Quoi! nous demeurons insensibles en voyant au pouvoir des Numides & des Maures ces mêmes côtes, le long desquelles nos ancêtres auroient regardé comme un deshonneur pour eux que les Flottes Carthaginoises navigeassent impunément? Il n'y a que quelques mois qu'apprenant le siége & le danger de Sagonte, nous étions transportés d'indignation: & nous voyons aujourd'hui tranquillement AnCn. Servil. C. Flamin. Cons.nibal tout prêt à escalader une ville habiAn. R.535.Av. J. C.217.tée par une Colonie Romaine? Si ce grand Général, qui a mérité d'être appellé le second Fondateur de Rome, s'étoit conduit comme fait maintenant ce nouveau Camille, qu'on a jugé seul digne de la Dictature dans des conjonctures si fâcheuses, Rome seroit encore au pouvoir des Gaulois. Ne nous y trompons point. C'est folie de croire pouvoir remporter la victoire en se tenant les bras croisés, ou par des vœux adressés au Ciel. Il faut faire prendre les armes aux troupes, les mener dans la plaine, & se mesurer avec l'ennemi. C'est en agissant, en cherchant le péril, que l'Empire Romain s'est accru, & non par cette conduite timide, à laquelle les lâches donnent le nom de prudence & de circonspection.


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Ces discours se répandoient dans l'Armée, & il n'y avoit personne qui ne mîtMinucius de beaucoup au dessus du Dicta teur. Les amis même de Fabius, & ceuxPlut. inFab. pag.177. qui paroissoient le plus attachés à ses intérêts, lui conseilloient de mettre fin à tous ces bruits qui faisoient tort à sa réputation, en marquant quelque condescendance pour les Officiers & les soldats, qui tous généralement demandoient avec ardeur qu'on les menât contre l'ennemi. Mais le Dic tateur, sans s'émouvoir, leur dit: Ce seroit alors que je me montrerois réellement plus timide qu'ils ne m'accusent de l'être, si la crainte de leurs railleries & de leurs injures me faisoit changer une résoluCn. Servil. C. Flamin. Cons.An. R.535.Av. J. C.217.tion que je n'ai prise qu'après en avoir pesé murement toutes les suites, & en avoir reconnu l'absolue nécessité. Quand on craint pour sa patrie, on craint sans honte: mais craindre les discours des hommes, & se laisser effrayer par leurs railleries, c'est se montrer indigne du commandement, & se rendre l'esclave de ceux dont on doit être le maître, & qu'on doit retenir & corriger quand ils pensent mal.Fabius donc, toujours en garde autant contre ses propres soldats que contre les ennemis, & regardant même les Romains comme les prémiers adversaires par rapport auxquels il devoit se montrer invincible, tint constamment la même conduite pendant tout le reste de la campagne, malgré les bruits injurieux qu'il savoit qu'on avoit fait passer du camp jusques dans la ville contre sa ti midité & sa nonchalance prétendues. Annibal, desespérant de l'attirer au combat, songea à se retirer dans quelque lieu où il pût passer l'hiver commodément. Il ne vouloit point consumer les provisions qu'il avoit amassées, mais les mettre quelque part dans un dépôt assuré. Car ce n'étoit point assez que son Armée ne manquât de rien pour le présent, il travailloit à la tenir toujours dans l'abondance.


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Combattéméraire,& défaitede Man cinus.Liv. XXII.15.

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Fabius fut averti par ses Coureurs du dessein d'Annibal. Et comme il étoit persuadé que pour sortir de la Campanie il prendroit nécessairement le même chemin par où il étoit entré, il envoya une partie Cn. Servil. C. Flamin. Cons. de ses gens s'emparer de la Montagne deAn. R.535.Av. J. C.217. Callicule & du Fort de Casilin. Pour lui, il ramena son Armée par les mêmes colli nes, & envoya cependant L. Mancinus à la découverte avec quatre cens chevaux. Ce jeune Officier avoit ordre d'examinerCombattéméraire,& défaitede Man cinus.Liv. XXII.15. les démarches des ennemis, sans se montrer s'il étoit possible, au moins sans s'exposer, & d'en venir rendre compte. Mais étant du nombre de ceux que les discours séditieux & emportés de Minucius avoient séduits, il n'eut pas plutôt apperçu quelques Cavaliers Numides répandus dans les villages, qu'il courut sur eux, & en tua même quelques-uns. Il n'en falut pas davantage pour lui faire oublier sa commission. Le vif desir de combattre l'emporta sur l'obéissance qu'il devoit au Dictateur. Les Numides, partagés en plusieurs pelotons, le vinrent charger les uns après les autres; puis fuyant à dessein devant lui, l'attirérent insensiblement jusqu'auprès de leur camp, fort fatigué, aussi-bien que tous ses gens & leurs chevaux. Carthalon, qui commandoit toute la Cavalerie, en sortit aussitôt, & les aiant mis en fuite avant même de les joindre, il les poursuivit pendant près de deux lieues sans leur donner de relâche. Mancinus voyant qu'il ne pouvoit échapper à ses ennemis obstinés à le suivre, exhorta les siens à se défendre de leur mieux, & retourna contre les Numides, à qui il étoit bien inférieur Cn. Servil. C. Flamin. Cons.An. R.535.Av. J. C.217.tant en nombre, qu'en force & en confiance. Aussi fut-il tué lui-même avec les plus braves des siens. Les autres se sauvérent à toute bride, prémiérement à Calès, & de-là, en prenant les sentiers les plus détournés, jusques dans le camp du Dictateur.


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Par hazard ce jour-là Minucius étoit venu rejoindre Fabius, qui quelques jours auparavant l'avoit détaché pour aller se saisir, au-dessus de Terracine, d'un passage fort étroit qui domine sur la mer, afin d'empêcher Annibal d'aller du côté de Rome, comme il auroit pu le faire, si on ne lui avoit pas fermé la Voie Appia. Le Dictateur & le Général de la Cavalerie aiant réuni leurs troupes, vinrent se camper sur le chemin par où Annibal devoit passer, environ à deux milles de l'ennemi. Le lendemain les Carthaginois occupérent tout le terrain qui étoit entre les deux camps. Les Romains se postérent sous leurs retranchemens, où ils avoient surement l'avantage du lieu: cependant les ennemis ne laissérent pas d'avancer, aiant à leur tête leur Cavalerie; ce qui occasionna diverses escarmouches entre les deux partis. Mais les Romains ne quitérent point leur poste, retenus par Fabius; en sorte que l'action se passa conformément au goût du Dictateur, plutôt qu'aux intentions d'Annibal. Huit cens Carthaginois demeurérent sur la place: les Ro Cn. Servil. C. Flamin. Cons.mains ne perdirent que deux cens homAn. R.535.Av. J. C.217.Annibalse tired'un pasfort dangereuxpar unstratagê me toutneuf.Polyb. III.243-245.Liv. XXII.15-18.Plut. inFab. 177.Appian.322.mes.


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Léger a vantage deMinucinssur Anni bal.Polyb. III.251.Liv. XXII.24.

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Minucius s'étoit approché d'Annibal, & avoit campé dans le territoire de Larine, avec l'Armée qu'il commandoit seul depuis que le Dictateur étoit allé à Rome. Cn. Servil. C. Flamin. Cons. Se voyant en liberté par l'absence de sonAn. R.535.Av. J. C.217. Supérieur, il méditoit des projets conformes à son génie, tantôt de fondre sur les fourrageurs d'Annibal répandus çà & là dans la campagne, tantôt d'attaquer son camp, où il ne restoit que le tiers de l'Armée. Annibal s'apperçut bientôt que la méthode de faire la guerre avoit changé avec le Général dans le camp des ennemis. Pour lui, voyant que les Romains s'étoient approchés, il se contenta d'envoyer le tiers de ses soldats au fourrage, & retint le reste dans son camp. Il étoit toujours attentif à son prémier projet, qui étoit de ne point consumer son butin, & de faire de grands amas de vivres, afin que pendant le quartier d'hiver les hommes, les bêtes de charge, les chevaux sur-tout ne manquassent de rien: car c'étoit sur sa Cavalerie qu'il fondoit principalement ses espérances.


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Annibal avoit envoyé pendant la nuit quelques Numides, qui s'emparérent d'une hauteur voisine des Romains, & qui commandoit leur camp. Ceux-ci, méprisant le petit nombre de ces Numides, les en délogérent dès le lendemain, & s'y campérent eux mêmes. Par ce moyen, il ne restoit plus entre les deux camps qu'un espace fort médiocre. Minucius, s'étant apperçu un jour que la plus grande partie de l'Armée Carthaginoise étoit répandue dans la campagne, détacha sa Cavalerie & son Infanterie légére contre les Cn. Servil. C. Flamin. Cons.An.535.Av. J C.237.fourrageurs, & alla lui-même avec les Légions attaquer le camp des Carthaginois. Tout ce que put faire Annibal, fut de se défendre. Le carnage de ses fourra geurs fut grand. Ce succès inspira à Mi nucius un orgueil & une arrogance sans bornes, & remplit son ame plus que jamais d'une audace pleine de témérité, qui ne connoissoit plus de péril, & ne lui laissoit voir dans les entreprises les plus hazardeuses qu'une victoire assurée.


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Annibal avoit envoyé pendant la nuit quelques Numides, qui s'emparérent d'une hauteur voisine des Romains, & qui commandoit leur camp. Ceux-ci, méprisant le petit nombre de ces Numides, les en délogérent dès le lendemain, & s'y campérent eux mêmes. Par ce moyen, il ne restoit plus entre les deux camps qu'un espace fort médiocre. Minucius, s'étant apperçu un jour que la plus grande partie de l'Armée Carthaginoise étoit répandue dans la campagne, détacha sa Cavalerie & son Infanterie légére contre les Cn. Servil. C. Flamin. Cons.An.535.Av. J C.237.fourrageurs, & alla lui-même avec les Légions attaquer le camp des Carthaginois. Tout ce que put faire Annibal, fut de se défendre. Le carnage de ses fourra geurs fut grand. Ce succès inspira à Mi nucius un orgueil & une arrogance sans bornes, & remplit son ame plus que jamais d'une audace pleine de témérité, qui ne connoissoit plus de péril, & ne lui laissoit voir dans les entreprises les plus hazardeuses qu'une victoire assurée.


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Le Peu ple égalel'autoritéde Minucius à celle du Dic tateur.Polyb. III.253.Liv. XXII.25. 26.Plut. pag.125.

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La renommée, qui grossit toujours les objets, publia dans Rome le petit avantage que Minucius avoit remporté, sur le pié d'une grande victoire. Les Lettres qu'écrivoit le Général de la Cavalerie enchérissoient encore sur la renommée. Pendant plusieurs jours on ne parla que de cette affaire dans les Assemblées du Sénat & du Peuple: ce fut une joie qui ne peut s'exprimer. Comme jusqu'alors on n'avoit presque rien espéré de cette guerre, on crut que les affaires alloient changer de face. Et d'ailleurs cet avantage fit penser, que si jusqu'à présent les troupes n'avoient rien fait, ce n'étoit pas qu'elles manquassent de courage, mais qu'il ne faloit s'en prendre qu'à la timide circonspection & à la prudence excessive du Dictateur, sur le compte duquel on ne ménagea plus les termes.


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Fabius seul, au milieu de la joie universelle du Peuple, n'ajoutoit foi ni à la renommée, ni aux Lettres de MinuciusCn. Servil. C. Flamin. Cons. & quand même tout eût été exactementAn. R.535.Av. J. C.217. vrai, il ne craignoit point de dire qu'il apréhendoit plus pour Minucius les bons succès, qu'un peu d'adversité. On ne l'écoutoit point, & le Sénat même n'aimoit point à l'entendre relever les forces de l'ennemi, rapporter les défaites que la témérité & l'ignorance des Généraux précédens avoient causées. Il déclara cependant“ que s'il demeuroit le maître, il obligeroitMinucius à lui rendre raison de sa conduite pour avoir combattu contre son ordre. Qu'il feroit bientôt avouer aux Romains qu'un bon Général comptoit pour rien la fortune, & ne faisoit cas que de la prudence & de la raison. Qu'il croyoit mériter plus de gloire pour avoir, dans les circonstances présentes, préservé ses troupes de toute honte & de toute disgrace, que si, en d'autres tems, il avoit tué plusieurs milliers d'ennemis.“


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Fabius seul, au milieu de la joie universelle du Peuple, n'ajoutoit foi ni à la renommée, ni aux Lettres de MinuciusCn. Servil. C. Flamin. Cons. & quand même tout eût été exactementAn. R.535.Av. J. C.217. vrai, il ne craignoit point de dire qu'il apréhendoit plus pour Minucius les bons succès, qu'un peu d'adversité. On ne l'écoutoit point, & le Sénat même n'aimoit point à l'entendre relever les forces de l'ennemi, rapporter les défaites que la témérité & l'ignorance des Généraux précédens avoient causées. Il déclara cependant“ que s'il demeuroit le maître, il obligeroitMinucius à lui rendre raison de sa conduite pour avoir combattu contre son ordre. Qu'il feroit bientôt avouer aux Romains qu'un bon Général comptoit pour rien la fortune, & ne faisoit cas que de la prudence & de la raison. Qu'il croyoit mériter plus de gloire pour avoir, dans les circonstances présentes, préservé ses troupes de toute honte & de toute disgrace, que si, en d'autres tems, il avoit tué plusieurs milliers d'ennemis.“